A propos de …

Stephanie Arfi

Stephanie Arfi

STEPHANIE ARFI,

DE LA COULEUR AVANT TOUTE CHOSE…

Ses œuvres attirent l’œil aussi sûrement qu’un rayon de lumière dans une pièce obscure. Car un tableau de Stéphanie Arfi, c’est la lumière et la couleur, la couleur vibrante et pleine de vie

Rien ne prédisposait Stéphanie Arfi à devenir peintre. Née dans la région parisienne, elle a grandi entre une mère au foyer et  un papa expert-comptable, ce « vrai » métier qu’elle exercera à son tour pendant plus de vingt ans. Rien, si ce n’est une extrême sensibilité, une imagination fertile et, dès l’enfance, la pratique incessante et spontanée de la peinture.

Plus tard, mariée et devenue maman (de Noa 16 ans, Anaïs 12 ans et Chloé 8 ans), la peinture nourrit toujours son quotidien, et inversement. Ayant installé son coin d’atelier au cœur de l’appartement familial à Saint-Mandé, entre la cuisine et le salon, elle vit chaque jour avec ses tableaux, la matière, les couleurs.

 

Autodidacte, elle poursuit une conversation muette avec sa toile qui dure depuis toujours. En 2012, elle quitte définitivement le monde du travail pour se consacrer entièrement à sa passion.

Sa vie envahit les pinceaux. Toujours en quête de formes, de textures, d’ombre et de lumière, sous son regard, le moindre objet, le moindre personnage croisé, le moindre événement, anodin ou historique, un rêve, une émotion, un souvenir, un lieu, une ambiance, se change en peinture. Se transforme en couleur. Une symphonie de couleurs d’une luminosité étonnante.

Dans le travail de Stéphanie, il y a aussi la texture. La surface du tableau, la façon de choisir les matériaux, est déjà un élément expressif. Elle utilise des toiles de lin et la peinture acrylique mais aussi du papier journal pour ses collages et du sable. Pour peindre, elle utilise bien sûr ses pinceaux, souvent les mêmes. Elle adore ses brosses, surtout les vieilles qui ont beaucoup servi. Et si elle recherche un effet particulier de matière, elle travaille directement avec ses doigts et à la peinture au tube.

Souvent elle se lance directement, pour un premier jet, tentant de saisir au vol par un dessin, un gribouillage, des notes, l’émotion telle qu’elle a jailli. Ainsi, un nouveau tableau s’ébauche, fait de vie et de gaité, de formes qu’elle a découvertes, de couleurs qu’elle a osé rapprocher. Puis elle le met de côté, l’oublie, laisse mijoter. Elle le reprend le jour où elle trouve à exprimer les fruits de cette gestation. Avec davantage d’intuition que de raison.

 

Déconnecter l’intellect, travailler de façon spontanée et même rapide, facilite son expression. Elle peint un peu comme un spéléologue qui descend dans une grotte, en plongeant à l’intérieur d’elle-même, pour atteindre un état méditatif, un peu spirituel.

Au cœur de son œuvre, il y a surtout la couleur, ce besoin impérieux d’interpréter les formes avec « l’imagination de la couleur » (G.Moreau). L’émotion visuelle qu’elle ressent et souhaite faire partager passe par la couleur. Stéphanie s’est réfugiée dans la couleur sans doute, dit-elle, parce qu’elle lui fait oublier la noirceur de ce monde.

Regarder « Heart », « Colombe », « Bubbles », « Paris », « Madrid », « Geisha », « Fish », « Hamsa »… invite à musarder entre les aplats de bleus, de rouges, de verts, de jaunes éclatants. Le spectre entier s’offre au regard. Les formes dansent, tournent, s’entrelacent, se morcèlent, se courbent, fusent, pétillent… La magie et le mystère s’insinuent, l’énergie nous interpelle, aiguillonne notre imagination. Nous laisse libre de recréer un monde.

« J’aime l’idée que celui qui regarde mes toiles pourrait être plus heureux en les regardant… »

Article par Pascale Cassagnes